VEERLE BAETENS

Dossier de presse

Mesdames et messieurs, dans quelques semaines nous serons appelés à nous prononcer dans le cadre d’un scrutin, la nième “mère de toutes les élections”, dont l’importance sera une fois de plus déterminante pour l’avenir institutionnel de notre pays. Il est frappant de constater à quel point la culture, au sens le plus large du terme, est peu présente dans les divers programmes électoraux et dans les médias, alors qu’il s’agit d’un des compétences les plus importantes sous la tutelle des Communautés.

Et cependant, la culture est tellement importante pour le genre humain : elle signifie l’évolution, l’ouverture des frontières. La culture sous toutes ses formes apporte sa contribution à la vie, elle lui donne une dimension plus large et plus profonde. La culture ne connaît pas de frontières, encore moins des frontières linguistiques, mais va de pair avec le respect, aussi pour ce que l’on ne connaît pas et n’aime pas personnellement.

C‘est la raison pour laquelle B Plus est spécialement fière de pouvoir donner aujourd’hui le « Prix du courage politique 2013 » à Madame Veerle Baetens, très certainement une des figures de proue du secteur culturel belge. Présenter Veerle Baetens n’est en fait pas nécessaire. Elle est hyper connue dans ce pays, et certainement en Flandre. Sa formation musicale à l’Institut Bruxellois des Arts Dramatiques la prédestinait à une carrière brillante dans le domaine de la musique, mais elle est devenue une actrice renommée, omniprésente sur petits et grands écrans.

Ses rôles principaux dans différentes séries TV comme « Sara », « The White Queen » et « Cordon », pour n’en nommer que quelques-unes, de même que dans plusieurs films comme « Le Jugement », « Code 37 », « Loft », « Force 10 », et, « last but not least », « The Broken Circle Breakdown » lui ont donné une renommée planétaire et son talent d’actrice est reconnu partout. Les nombreux prix et distinctions qu’elle a reçus, aussi bien au niveau national qu’international, en sont les meilleures preuves. La cerise sur le gâteau fut bien évidemment la distinction de « Meilleure Actrice Européenne » aux « European Film Awards » de Berlin le 7 décembre 2013. C’est pendant cette remise de prix et à l’occasion de la conférence de presse qui a suivi que Veerle Baetens fit entre autres cette déclaration remarquable, et je cite : « Mes remerciements vont à la Belgique. J’espère que la Flandre et la Wallonie resteront ensemble. Nous avons quelque chose de spécial, et il ne faut pas le détruire. Certains veulent scinder le pays, c’est une réalité en Belgique. Nous ne sommes pas des Néerlandais ni des Français, mais des habitants du Nord et du Sud. Je trouve que c’est suffisamment remarquable que pour le conserver. Je ne suis pas une personnalité politique, mais une personne empreinte d’émotion, et je trouve que nous devons rester ensemble ».

Ce n’est certainement pas évident, et cela demande effectivement pas mal d’audace et de courage de faire sur une scène internationale une déclaration qui traduit la pensée de la grande majorité silencieuse de la population belge. D’autant plus si on sait que le monde culturel en Flandre est depuis de nombreuses années sur une trajectoire de collision avec les mouvements nationalistes flamands ainsi que des partis qui plaident pour une privatisation et commercialisation complètes du secteur. Dans cet esprit, les acteurs de la culture qui renoncent ouvertement au discours nationaliste flamand s’exposent frontalement à une vague de critiques et de reproches. Il est en effet bien difficile pour les nationalistes flamands d’accepter l’idée que le monde artistique flamand ne donne pas pleine légitimité à une identité flamande et ne défende pas unanimement leur projet politique, c’est à dire « culture et art » comme renfort de « l’identité nationale (Flamande) ».

En faisant cette déclaration, notre lauréate rejette catégoriquement la séparation du pays et montre l’absurdité d’une division basée sur la langue. Elle insiste également sur le lien spécial et unique qui relie le Nord et le Sud du pays. Elle attire aussi notre attention sur le fait que la scission artificielle du pays ne répond pas à un souhait de la population, mais bien du monde politique. De cette façon, Madame Baetens interprète de façon magistrale un nouveau rôle principal, cette fois comme jeteuse de ponts entre les différentes Communautés du pays.

Mesdames et Messieurs, ceci est l’argument principal pour lequel B Plus a décidé de placer aujourd’hui Madame Baetens sous les projecteurs, et de lui donner le prix du courage politique 2013. Nous la remercions pour l’exemple qu’elle nous procure que TOUS les Flamands ne tombent pas nécessairement dans le panneau de l’effrayant discours nationaliste proféré par certains partis politiques en Flandre.

Avec tous notre gratitude et nos félicitations.

Willy Peerens – Secrétaire général de B Plus

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MARC COUDRON

Dossier de presse

Monsieur Marc Coudron, B Plus a choisi de vous attribuer le prix du courage politique pour l’année 2013.

Depuis 2005, vous êtes connu comme le président de l’ARBH (Association Royale Belge de Hockey). Certains, les  plus experts, savent aussi que vous êtes à ce jour le joueur de hockey le plus « capé » avec 358 sélections en équipe nationale et que vous avez obtenu à deux reprises le Stick d’Or comme meilleur joueur belge de l’année.

Il est utile d’évoquer un peu l’histoire du hockey belge. Ce sport a connu des heures de gloire dans le passé. En 1920, la Belgique obtenait la médaille de bronze aux JO d’Anvers et fut en 1924, avec six autres nations européennes, l’un des fondateurs de la Fédération Internationale de hockey dont le siège était à Bruxelles. Longtemps, l’équipe Messieurs fut la seule représentante d’un sport collectif aux JO. Mais la situation se dégradait… Dans les années 80, les deux équipes nationales se morfondaient dans les profondeurs des classements internationaux. Pire ! Ce sport était considéré en Flandre comme « franskillon » : le club le plus important de la région anversoise s’appelle le Dragon (pas le Draken) et le Saint Georges (pas le Sint Joris) est localisé à Kortrijk. En Wallonie où presque personne ne pratiquait, c’était un sport pour les Bruxellois et à Bruxelles un sport typiquement bourgeois. Après tout, il y a toujours quatre clubs situés sur la seule commune d’Uccle.

En 1995, on était tout heureux de battre deux fois la Biélorussie. Mais tout cela a changé, et dans le bon sens ! Avec le soutien du COIB, sous votre présidence, les équipes d’animation de l’ARBH/KBHB ont mis sur pied un programme visant à relever le niveau du hockey belge et en particulier de ses deux équipes nationales.

On parle beaucoup en Belgique de problèmes de formation et d’éducation. L’ARBH a réalisé un travail de fond sur le long terme. Les équipes des différentes classes d’âge chez les garçons sont montées régulièrement sur le podium lors des championnats d’Europe. Les équipes filles suivent le mouvement et donc la relève est assurée de deux côtés.

L’ARBH a aussi su attirer de l’étranger les compétences à l’encadrement au plus haut niveau. Elle a su ressembler en Belgique les ressources humaines et financières nécessaires au projet.

Les joueurs et joueuses des équipes ont compris l’importance du collectif sur l’individuel. Dans un moment important comme la préparation des JO, le risque a été pris d’écarter une personne qui semblait indispensable mais qui ne s’intégrait pas assez à l’effort commun.

Solidaire et efficace, c’est possible. On connaît la cinquième place des garçons aux Jeux Olympiques de Londres en 2012, confirmée par une médaille d’argent en coupe d’Europe en juin 2013.

Sous votre présidence, le nombre d’adhérents est passé de 17.000 en 2005 à plus de 31.000 membres actuellement.

Oui, tout reste efficace alors que l’ARBH a du être scindée mais reste la coupole des deux ligues francophones et néerlandophone.

On l’a compris, le travail de l’ARBH est fédérateur. La progression du hockey belge est le résultat d’efforts basés sur un esprit de solidarité et d’efficacité au plus haut niveau. Cela a porté ses fruits dans les trois régions du pays.

Il s’agit de valeurs auxquelles B Plus est particulièrement sensible. Ces valeurs et cette gestion pourraient être données comme exemples dans des écoles de management ou lors des universités d’été des partis politiques.

Même ce n’est pas tout. Il y a une cerise sur le gâteau ! Avant chacun des matches de la coupe d’Europe à Boom, les équipes nationales ont chanté la version bilingue de la Brabançonne.

Un acte audacieux particulièrement symbolique qui demandait un certain courage : onze filles ou onze garçons chantant « a cappella » parfois devant huit mille spectateurs. Tout cela retransmis en direct par les chaines nationales de télévision. Il fallait le faire !

Pour tout cela, Monsieur Coudron, B Plus est heureuse de vous remettre le prix du courage politique symbolisé par cet objet d’art dont le titre est « Ensemble nous sommes forts ».

Bertrand Waucquez – Président du Comité de direction de B Plus